L’IA au cœur des enjeux de souveraineté

Eric
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L’IA au cœur des enjeux de souveraineté

L’IA au cœur des enjeux de souveraineté

L’intelligence artificielle n’est plus une technologie émergente : elle est omniprésente dans de nombreux secteurs tels que la recherche, les moteurs de recherche, la finance, la santé, la défense, l’industrie et les services publics. Elle transforme les modèles économiques, redéfinit les rapports de force géopolitiques et modifie profondément les sociétés contemporaines. Parallèlement, la concentration des capacités technologiques est sans précédent : seules quelques grandes puissances et entreprises contrôlent les infrastructures critiques, les données massives et les technologies clés qui sous-tendent l’IA — ce qui pose un défi stratégique majeur pour les acteurs qui ne maîtrisent pas ces éléments fondamentaux. Dans ce contexte, associer les notions d’intelligence artificielle et de souveraineté devient une nécessité stratégique, économique et démocratique plutôt qu’un simple slogan ou concept de communication.

Une souveraineté affaiblie s’exprime par une dépendance stratégique durable, notamment dans le numérique, où les frontières physiques classiques n’offrent plus de protections suffisantes face aux flux de données et aux technologies distribuées partout dans le monde.

Les fondements techniques de la souveraineté en IA

Les trois piliers fondamentaux qui lient intrinsèquement l’IA à la souveraineté :

  • Les données : l’IA performante dépend de vastes volumes de données, souvent sensibles — personnelles, médicales, industrielles ou financières. Sans maîtrise de ces données, aucune autonomie durable n’est possible.
  • Les infrastructures : centres de données, capacités de calcul (comme les GPU ou TPU), réseaux et clouds sont coûteux, énergivores et largement dominés par quelques acteurs mondiaux.
  • Les modèles et algorithmes : les grands modèles d’IA, qu’ils soient de langage ou de vision, sont de plus en plus complexes, souvent propriétaires et fermés, ce qui limite la liberté des États ou organisations qui ne les maîtrisent pas.

Celui qui contrôle ces trois éléments détient une grande partie du pouvoir décisionnel, économique et informationnel. Cela fait de l’IA un terrain de compétition central : maîtriser la chaîne de valeur des données, des infrastructures et des modèles devient essentiel pour conserver ou construire une autonomie stratégique. En d’autres termes, la souveraineté ne se réduit plus à des questions strictement politiques ou économiques ; elle englobe des réalités technologiques profondes qui définissent la capacité d’un acteur (État, région ou entreprise) à décider indépendamment de contraintes extérieures.

3. La compétition mondiale et la place de l’Europe

Pour apprécier les enjeux actuels, l’article analyse les forces en présence sur la scène mondiale de l’IA :

  • Les États-Unis dominent largement grâce à leurs géants technologiques (par exemple les plateformes cloud majeures, les modèles d’IA les plus utilisés et des standards technologiques largement adoptés). Ils disposent d’un écosystème robuste qui allie innovation privée, puissance économique et influence politique. Leur avance repose sur l’intégration de technologies, de financements massifs et de cadres juridiques qui parfois vont au-delà de leurs frontières (comme le Cloud Act qui peut donner accès à des données, même stockées à l’étranger).
  • La Chine a fait de l’IA un objectif national stratégique avec des investissements publics massifs, un contrôle étatique des données et des infrastructures, ainsi qu’une production scientifique et en brevets très élevée. Cette approche, parfois au détriment de certaines libertés individuelles, vise une autonomie technologique totale.
  • L’Europe se trouve dans une situation délicate : bien qu’elle dispose de talents remarquables et d’une régulation (telle que le RGPD ou l’AI Act) qui protège certaines valeurs, elle reste dépendante des technologies et des infrastructures américaines et chinoises. Cette dépendance limite sa souveraineté technologique et expose les acteurs européens à des risques réels, notamment une perte de contrôle sur les données sensibles et un alignement forcé sur des choix technologiques étrangers.

La souveraineté ne se décrète pas : elle se construit. Pour les Européens, cela signifie investir dans la maîtrise des éléments techniques de l’IA, encourager l’émergence de solutions locales et développer une autonomie qui va au-delà de simples cadres réglementaires.

Chez Verbatim AI, nous sommes convaincus que la souveraineté technologique est essentielle pour garantir la protection des données et la sécurité des infrastructures. Nous travaillons activement pour développer des solutions d’IA indépendantes et autonomes, en nous appuyant sur des technologies open-source et des partenariats étroits avec les acteurs européens. Notre engagement est de contribuer à la construction d’une économie numérique durable et responsable où la souveraineté est au cœur de chaque décision technologique.

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